Mon  service volontaire de coopération s’est réalisé à Bamako, au Mali. J’ai intégré l’équipe médicale du Centre Hospitalier Mère et Enfant (CHME) « Le Luxembourg » pendant 4 mois. Je suis infirmière pédiatrique et mon rêve était depuis très longtemps de me rendre en Afrique pour y exercer mon métier au sein d’un autre environnement et d’une autre culture. C’est difficile de résumer cela en quelques mots mais je peux dire, en gros, que j’ai beaucoup vu, beaucoup appris et  je me suis fait plein d’amis. Aujourd’hui, je vois la vie différemment. Cela restera une expérience personnelle et professionnelle tout simplement inoubliable.

Les premières semaines sur place sont difficiles car très dépaysantes, j’ai vécu un véritable choc des cultures comme on dit. Mais si je peux faire une petite recommandation aux futurs volontaires, ce sera de ne surtout pas abandonner et de garder l’esprit ouvert car c’est une magnifique expérience que je souhaite à tous.

Beaucoup de jeunes m’ont dit qu’ils auraient également voulu tenter l’expérience mais qu’ils n’ont pas osé parce qu’ils avaient un peu peur de se retrouver seuls dans un pays étranger et de ne pas assumer sur place. Certes, il faut être motivé et ce n’est pas toujours facile pour trouver une ONG avec des projets qui correspondent à nos aspirations mais il ne faut pas abandonner car le jeu en vaut vraiment la chandelle. Pour ma part, je me suis accrochée et je ne regrette pas ces 4 mois au Mali, bien au contraire.

C’était la toute première fois que je me rendais en Afrique et j’ignorais absolument tout de la culture africaine et de ses coutumes. Au Centre Hospitalier Mère et Enfant (CHME) « Le Luxembourg », un hôpital humanitaire construit et équipé par la Fondation Follereau Luxembourg, j’ai été confrontée à des maladies que je ne connaissais que de façon théorique comme la malaria, la drépanocytose, l’hydrocéphalie etc… C’était aussi un vrai échange : j’ai appris comment faire face à certaines situations avec très peu de moyens médicaux et à mon niveau, j’ai montré aux infirmières locales comment on réalise certains actes de soins chez nous.

J’ai la tête pleine de supers souvenirs comme par exemple le rire d’une petite patiente, Niakalé, qui est restée hospitalisée au CHME pendant très longtemps. Elle souffrait énormément suite à une grosse intervention chirurgicale. Après quelques semaines d’hospitalisation, elle a repris des forces et lorsque j’ai entendu la première fois son rire, j’ai été submergée par l’émotion car je venais de réaliser que c’était la toute première fois que je la voyais sourire et rire de bon cœur. Comme elle est restée très longtemps au CHME, j’ai développé une relation plus personnelle avec elle. Parfois, je lui faisais de petits cadeaux (un jus d’orange par exemple) et elle était folle de joie et de bonheur. Je ne l’oublierai jamais.

Il y a aussi eu des moments plus difficiles. Le taux de mortalité est bien plus élevé au Mali que chez nous et c’était très difficile pour moi d’entendre: „ Ne t’investis pas de trop avec cet enfant car il ne vivra probablement pas longtemps » : cette phrase qui m’a été maintes fois répétée, m’a toujours énormément choqué et peiné. Mais c’est malheureusement la triste réalité au Mali, beaucoup d’enfants ne survivent pas, par faute de moyens médicaux, parce que les parents viennent trop tard à la consultation médicale, par ignorance de la maladie etc… Au Luxembourg, les enfants opérés peuvent bénéficier de séances de kinésithérapie, d’ergothérapie et il existe différents traitements pour les aider et pour améliorer leurs conditions de vie…ce n’est pas le cas au Mali. Les enfants handicapés et leurs parents ne bénéficient d’aucunes aides et se retrouvent seuls face à des fois de lourds handicaps.

J’espère qu’un jour, j’aurai à nouveau la possibilité de retourner quelques semaines avec une équipe médicale dans le cadre d’une mission humanitaire en Afrique ou dans un autre pays.

Je vais maintenant commencer à travailler à l’Hôpital Saint Louis d’Ettelbrück en tant qu’infirmière pédiatrique mais une petite partie de mon cœur restera toujours au Mali.